Les créations en liceParticiper

Bienvenue sur l'une des créations en lice pour la 8ème édition des Chatons d'Or, le festival de la nouvelle économie créative.

Comme chaque année, les Chatons d’Or font émerger les idées au prisme de 8 catégories représentant 8 champs de la société. Pour chaque champs, deux prix pour se faire les griffes :– Un prix « ouvert » avec des campagnes ou projets libres : print, film, digital, projet artistique, asso, startup, application, nouveau média, bref toutes les idées peu importe leur forme.– Un prix spécial avec un brief.

Vous pouvez poster votre campagne/projet en mode privé pour que rien ne soit dévoilé.

Du 10 avril au 10 mai 2019, vous pouvez envoyer – gratuitement – autant de créations ou dossiers que vous le désirez, dans toutes les catégories. La grande soirée de remise des prix aura lieu le 5 juin et rassemblera plus de 1000 décideurs, influenceurs et acteurs de l’économie créative dans un lieu prestigieux à Paris.

Bienvenue sur la plateforme de participation de la 8ème édition des Chatons d'Or, le festival de la nouvelle économie créative.

A bientôt ! 

INCIDENCES DE PARCOURS

Par : Devin Yannick

Dans la catégorie ARTS & CULTURES - Prix du projet "Arts & cultures"

Contexte
1. LA FICHE TECHNIQUE TYPE : Emission télévisée DUREE : 26 minutes / numéro THEMES GENERAUX : Nature & Société THEMES OPERATIONNELS : Aventure & Sciences PUBLIC CIBLE : Adolescents & Adultes FORMAT DE TOURNAGE : Extérieur & Studio 2. LA PRODUCTION Le monde moderne décida un beau matin de tuer la route, de faire du temps de déplacement d’un point à l’autre un temps perdu qu’il faudrait utiliser à faire autre chose. Aboli l’espace, oublié le voyage, bienvenu au pays du capitaine Kirk se déplaçant d’un point A à un point B grâce à la téléportation. Bien qu’aussi technologique que STAR TREK (enfin presque !), INCIDENCES DE PARCOURS entend rendre ses lettres de noblesse au voyage, du point de départ au point d’arrivée. L’émission fait ainsi le pari que, pour chacun des invités qui y participeront, le voyage qui lui sera proposé vaudra plus par le temps passé sur la route à découvrir le monde que par les seuls charmes du point d’arrivée. Pour y parvenir, INCIDENCES DE PARCOURS se déroulera en deux étapes : • Tout d’abord une déambulation techno-solitaire, • Puis un retour sur cette déambulation. 2.1. UNE DEAMBULATION TECHNO-SOLITAIRE Longtemps la route fit partie du voyage. Au dix-neuvième siècle, les guides donnaient encore à voir la continuité et proposaient des haltes sur le parcours. Depuis, le culte de la vitesse et la dictature de l'urgence ont entraîné une mise à distance de l'environnement : l'homme de ce début de vingt-et-unième siècle ne voyage plus, il se déplace. Disons plutôt qu'il saute d'un lieu à un autre sans s'investir dans le voyage, la route n’en faisant plus partie. Cette dernière est devenue un espace-temps subi qui sépare le départ de l'arrivée. A pied ou en voiture, en train ou en avion, l’homme moderne n'a qu'une idée en tête : arriver le plus vite possible à destination. La route, comme les autres infrastructures nécessaires à la circulation accélérée des hommes et des biens, n'est souvent plus qu’un non-lieu que l'on se hâte de traverser. Le parcours s'est ainsi peu à peu effacé au profit de la destination, comme si le territoire traversé n'avait plus d’importance. Dans un retour aux vraies valeurs, chaque numéro d’INCIDENCES DE PARCOURS invitera une personnalité à réenvisager la route et à densifier ce temps si particulier du déplacement sur nos territoires habituellement gommés. Après les reportages légendaires d'Albert Londres, Jack Kerouac jeta la « Beat Génération » sur les routes du monde. Icône des écrivains-voyageurs, atteint de ce besoin incoercible de voyager, Bruce Chatwin poursuivit à sa façon cette « anatomie de l'errance ». D’autres cependant préférèrent la ville au vaste monde : après Baudelaire, Louis Aragon, André Breton ou Léon-Paul Fargue ont aimé arpenter les villes, les traverser dans tous les sens et rapporter leurs expériences dans des chefs-d'oeuvre comme NADJA, LE PAYSAN DE PARIS ou LE PIETON DE PARIS. Fidèle à l’esprit des premiers comme des seconds, le territoire proposé à l’invité pourra donc aussi bien être le village perdu de son enfance ou le centre d’une mégalopole…, l’idée étant que la personnalité fasse de sa déambulation un moment de découverte et de rencontre de l'autre en favorisant les interactions. Pour cela, sa déambulation sera marquée de trois contraintes, les deux premières humaines et la troisième technologique : • Une déambulation pédestre, • Une déambulation solitaire, • Un enregistrement continu de la position et des émotions de l’invité durant sa déambulation. 2.1.1. UNE DÉAMBULATION PÉDESTRE La marche est le moyen de transport le plus basique que l’homme a à sa disposition, et ce, quelques années après la naissance. Véritable apprentissage du corps, la découverte de la marche, plus qu’aucun autre moyen de déplacement, permet aussi d’avoir une perspective nouvelle sur son environnement, devenant alors un véritable outil d’observation et d’exploration du territoire immédiat. C’est la raison pour laquelle l’invité d’INCIDENCES DE PARCOURS, imitant Forrest Gump qui laissait ses pieds le mener sans raison dans les déserts américains, se déplacera en marchant, se laissant ainsi aller aux sollicitations du terrain et des rencontres. Par ailleurs, véritable expérience personnelle du territoire, mais également du corps car nécessitant la contribution de tout l’organisme (essoufflements, ampoules, crampes…), la marche confrontera véritablement l’invité à lui-même. ce qui nécessitera que la déambulation soit également solitaire afin que cette auto-confrontation soit optimale. 2.1.2. UN ENREGISTREMENT CONTINU DE LA POSITION ET DES EMOTIONS A travers la marche, c'est donc une redécouverte de l'espace et du temps à travers les rugosités de l'environnement et les difficultés d'un parcours qui sera proposée à l’invité : éprouver l'espace et le temps en arpentant le territoire identifié, le mesurer à la vitesse du pas, redonner de l'épaisseur au temps du déplacement, tels seront les nouveaux plaisirs auxquels ce dernier pourra s’adonner. Seul, à la « dérive », il sera ainsi comme une éponge qui absorbera des sensations, ne lui restant rien d’autre à faire que ressentir et s’émouvoir du moindre « incidents de parcours ». « Incidents de parcours » qui feront alors l’objet d’un enregistrement continu via un petit dispositif dissimulé dans la poche de l’invité et mesurant en temps réel : • les coordonnées GPS de son parcours, • le taux de conductivité électrique de sa peau, variable physiologique utilisée notamment dans les expériences de psychologie cognitive et qui exprimera ici l’état émotionnel de l’invité tout au long de sa découverte du territoire et de ses rencontres. Si le « détecteur de mensonges », expérience psycho-cognitive la plus connue, a déjà été utilisé dans LA METHODE CAUET, c’est ici son association avec le GPS, comme on va le voir, qui créera toute l’originalité d’INCIDENCES DE PARCOURS. 2.2. UN RETOUR SUR LA DEAMBULATION A la fin de la marche, d’une durée moyenne de quatre heures, les deux données (émotions et localisations) seront récupérées et réinjectées dans un outil de visualisation cartographique, de type Google Earth, qui dessinera alors la carte émotionnelle de la déambulation de l’invité. C’est cette carte, ponctuée de pics au milieu de plages plus calmes correspondant chacun à un niveau d'émotion, d'intensité la plus haute pour les premiers à la plus basse pour les autres, qui servira de guide mnémonique à une interview menée en studio et qui conviera l’invité à revivre virtuellement son expérience en s’appuyant sur la seule dimension cachée de sa déambulation : celle des émotions éprouvées. 2.2.1. LA CARTE EMOTIONNELLE COMME SEUL SUPPORT DE L’INTERVIEW Contrairement à la plupart des émissions du genre (RENDEZ-VOUS EN TERRE INCONNUE, J’IRAI DORMIR CHEZ VOUS...), l’interview ne se fera donc pas à l’appui d’images captées de la déambulation qui restera ainsi véritablement solitaire, car sans cadreur pour suivre l’invité. Seule sera en effet présentée, à l’invité comme au spectateur, la carte émotionnelle, avec ce que cela impliquera : un pic y figurant pouvant tout autant pointer vers une situation désagréable, comme la rencontre d'un chien menaçant, ou au contraire extrêmement plaisante, comme la vue d'un magnifique panorama, les interprétations resteront ouvertes et seule la discussion avec l’interviewer permettra de mettre des mots sur les émotions capturées. Fini, ici, le règne de l’interviewer démiurge qui en sait plus, sinon autant, que son invité au moment de la rencontre. Avec INCIDENCES DE PARCOURS, on entre « de plein pied » dans le règne de l’invité qui, en l’absence d’images de sa déambulation, gardera toujours le contrôle de ce qu’il raconte. Un peu comme si le Charles Foster Kane de CITIZEN KANE nous faisait lui-même le récit de sa vie, ménageant le suspense jusqu’à l'ultime « Rosebud ». Pour mener la discussion, il faudra donc un interviewer capable de décoder la carte émotionnelle, à la manière d’un médecin analysant un cardiogramme, et d’y percevoir un récit capable de « narrer » plutôt que de cartographier le terrain parcouru - et par là même l’aventure vécue - par l’invité. 2.2.2. UNE DESTRUCTURATION DE L’INTERVIEW Comme on le rencontre parfois... au cinéma (MEMENTO, PULP FICTION…), plutôt que de suivre la ligne du temps, l’interviewer s’attaquera à la chronologie de la déambulation de l’invité pour en proposer une désorganisation organisée totalement inédite dans le milieu de la télévision. « Organisée », car en neutralisant ainsi le temps, l’interview donnera volontairement une place plus importante aux deux autres dimensions de la déambulation, la localisation mais aussi et surtout les émotions, comme lorsque l’ouïe d’une personne s’aiguise quand cette dernière perd la vue. Les bénéfices de cette déconstruction formelle de l’interview seront alors : • un gain en rythme, avec l’alternance de micro-récits de l’invité attachés à des endroits qui ne seront pas nécessairement liés entre eux, • l’apparition d’un suspense organiquement généré par la structure, en commençant par les pics d’émotion les plus bas pour finir sur les plus haut, • la création d’une plus forte empathie pour l’invité, puisque ce ne sera pas tant à la reconstitution de sa déambulation que le spectateur se livrera, mais bien à la découverte de ses émotions, soit la plus intime de ses facettes. 4. LA DIFFUSION Une fois l’interview « en boîte », INCIDENCES DE PARCOURS invitera alors le spectateur à la découvrir de deux manières aussi différentes que complémentaires : • En spectateur à la télévision, • En spect-acteur sur le mobile. 4.1. A LA TELEVISION D’abord, le spectateur pourra découvrir l’interview de l’invité sur l’écran de son salon, en simple témoin, comme il a coutume de le faire pour l’ensemble des programmes télévisés. Dans ce cas, il faudra simplement voir en ce spectateur celui évoqué par Montaigne dans ses ESSAIS lorsqu’il écrit que « le spectateur est celui qui assiste à une action, par opposition à celui qui la fait ». Une citation presque manichéenne, dans laquelle tout paraît simple dans un monde divisé entre ceux qui se contentent de regarder et ceux qui agissent. 4.2. SUR LE MOBILE Heureusement, quelques lignes plus loin dans ses ESSAIS, Montaigne nous rassure : le spectateur peut aussi devenir un être désirant et se définir, non plus comme un vulgaire témoin, mais comme un participant. Ainsi, si le téléspectateur d’INCIDENCES DE PARCOURS s’opposera à celui qui agit, à savoir l’invité, la production lui donnera également les moyens de se mettre en action. L’émission diffusée à la télévision ne sera en effet qu’un outil, un moyen artificiel de se rapprocher de l’aventure vécue par l’invité. Elle ne sera évidemment pas l’aventure, mais n’en sera que l’écho. L’idée d’INCIDENCES DE PARCOURS est donc de permettre au spect-acteur qui le souhaite de se rapprocher au plus près de l’aventure vécue par la personnalité en l’invitant à se réapproprier, grâce à son mobile, le terrain même de la déambulation. Ainsi, l’aventure vécue par l’invité ne sera plus consommée de façon classique, mais deviendra une véritable source d’altérité. Et pour cela, certains extraits de l’interview, les plus remarquables, seront virtuellement « attachés » aux endroits où les anecdotes rapportées auront été vécues par l’invité. Toutes ces productions programmées, s’accumuleront alors dans une base de données en ligne et lorsqu’un spect-acteur passera à proximité des lieux en question durant sa propre déambulation, son smarphone lui diffusera automatiquement les extraits attachés. Le mobile du spect-acteur deviendra ainsi une sorte de fenêtre avec laquelle ce dernier, pour une immersion totale dans l’expérience vécue par l’invité, accèdera au monde réel de sa propre déambulation « augmenté » de témoignages localisés de celle dudit invité.
Justification
Les nouvelles technologies ne représentent plus un phénomène rare. Nous sommes désormais rompus à leurs séductions, ces dernières, comme la poussière, ayant vocation à s’infiltrer partout dans notre quotidien. Pour leurs détracteurs, elles ne sont pourtant pas la solution miraculeuse à nos nombreux fardeaux. Au contraire, elles y participeraient, en étant des facteurs de désocialisation, en violant notre intimité, en rendant les machines de guerre encore plus efficaces et meurtrières… Ainsi, les nouvelles technologies ne seraient pas forcément un progrès mais, à moins de revenir à l’âge lumineux où Lucrèce célébrait les noces de l’homme et de la nature, force est de reconnaître qu’elles occupent désormais une place inéluctable dans notre quotidien. Un constat établi depuis longtemps, on ne le sait que trop, pour la télévision… De fait, puisqu’il n’y a plus de salut pour les premières comme pour la seconde, la question n’est plus de réfléchir au bien fondé de l’usage des nouvelles technologies dans les programmes de flux télévisés : elle est plutôt de se demander comment cette utilisation peut désormais participer à des formes “intelligentes” de nouveaux concepts audiovisuels. Suivant l’exemple de l’indémodable J’IRAI DORMIR CHEZ VOUS et ses paluches, de l’innovateur PANIQUE DANS L’OREILLETTE et son oreillette, de l’antique METHODE CAUET et son détecteur de mensonges..., INCIDENCES DE PARCOURS, magazine d’exploration mêlant aventure, société et technologie à base de GPS et de détecteur de mensonges, espère apporter une contribution à cette réflexion !

Les visuels